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Et si le secret c'était d'être heureux ?

  • 27 févr.
  • 4 min de lecture

La plupart des personnes qui me connaissent vraiment vous diront que je suis intense. Moi, j’ai longtemps cru que c’était un défaut. Que c’était mal d’être trop investie, trop passionnée, trop à fond. Comme s’il fallait aimer modérément, s’enthousiasmer raisonnablement, s’assurer de vivre sans exagérer, sans trop déranger.


Aujourd’hui, je sais que je ne dois pas laisser les projections des autres prendre trop de place dans mes décisions, parce que beaucoup analysent ou conseillent simplement avec le prisme de la peur : la peur de ce qu’ils ne connaissent pas ou ne comprennent pas.


Être intense crée un contraste, un décalage. Ça apporte une énergie différente. Vous connaissez la phrase : « Tu souris trop pour être vraiment heureuse » ? En fait, si. Je souris parce que je suis heureuse. Et ça ne veut pas dire que tout est parfait, juste que je choisis de laisser les belles choses m’émerveiller autant que possible. (Je pense que c’est aussi pour ça que j’ai tendance à tout célébrer, même les choses que les autres considèrent banales.)


J’ai grandi dans une société qui valorise la moyenne, une sorte de régulation sociale invisible mais omniprésente. En plus, en tant que femme, tu « peux » faire assez… mais il ne faut jamais en faire trop. (Rappelez moi qu’on doit parler de ceux qui pensent qu’on doit leur demander la permission.)


Il ne faut pas être trop forte, ni trop travailleuse, ni trop belle, ni trop intelligente, ni trop indépendante.


La vérité, c’est qu’à un moment, j’ai failli douter. Puis je me suis posé une question :

Et si le problème n’était pas mon intensité…

mais la peur d’assumer ce qui me rend profondément heureuse ?


L’intensité et le regard des autres


Je me suis toujours considérée comme une passionnée. Quelqu’un qui s’implique entièrement dans ce qu’elle aime (et c’est pareil pour les personnes que j’aime).


Plus jeune, j’ai essayé d’atténuer (oui, comme beaucoup de jeunes, je manquais de maturité et je n’ai pas toujours eu confiance en moi mais ça, on en parlera un autre jour). Je me suis souvent faite toute petite. J’essayais d’être plus mesurée, plus discrète, plus conventionnelle.


Mais au fond de moi, il y a toujours eu cette sensation, difficile à expliquer, qui survient quand je fais quelque chose qui me passionne, que je réussisse ou pas. Une joie presque physique, qui me fait oublier la peine, les efforts et même les échecs qui ont précédé. Et j’aime ressentir cette sensation. Pourquoi m’en priver ?


Choisir ce qui me fait vibrer


Quand j’avais quinze ans, je me souviens avoir refusé de partir en vacances pour rester à Yaoundé, ma ville de naissance, afin de participer à une compétition de musique. Tout ne s’est pas passé comme je l’avais prévu, mais je ne regrette rien. Cette expérience fait partie des souvenirs précieux que je chéris et m’a appris une chose essentielle : je préfère échouer en faisant ce que j’aime. (Je pense d’ailleurs qu’il faudrait que je consacre un chapitre entier à l’échec.)


Être à fond, c’est accepter d’être incomprise, accepter de ne pas être tiède, moyenne. C'est accepter d’être parfois seule, et surtout d’apprendre à ne pas chercher la validation chez les autres.


En tout cas, moi, je préfère être trop que pas assez. Et je sais que n’ai pas à éteindre mon intensité (juste à l’affiner peut-être, ou simplement à l’orienter).


Comprendre que le bonheur n’est pas une récompense


On passe nos vies à travailler pour pouvoir s’offrir des choses qui nous feront plaisir : un meilleur logement, de meilleurs repas, de belles vacances, un certain confort…

On court après des conditions idéales pour, un jour, enfin, pouvoir être heureux.


Mais si le bonheur n’était pas une destination ?

Et si ce n’était pas une récompense au bout de l’effort ?

Et si c’était une posture, une attitude, un état d’esprit à adopter au quotidien ?


J’ai appris à prendre plaisir à respirer le matin (mais vraiment). Comme si chaque réveil était une célébration. Parce que c’en est une. Malheureusement, on ne s’en rend compte que trop tard. Beaucoup de personnes se sont couchées la veille et ne se sont pas levées le matin.


Alors moi, je me lève avec gratitude, le cœur plein. Et même si toutes mes journées ne sont pas belles, je suis reconnaissante des petits instants de bonheur que j’ai pu vivre. Parce qu’il y en a toujours. Sauf qu’on est souvent tellement occupés à regarder tout ce qui ne fonctionne pas qu’on passe à côté de ces instants fabuleux. Ou alors on les néglige, on les banalise… jusqu’à ce qu’ils disparaissent. Un peu comme la santé.


Vivre intensément, sans s’excuser


J’ai décidé (parce que oui, c’est une décision) de ne plus reporter ma joie à plus tard.

De ne plus attendre des conditions parfaites pour me sentir vivante. (Un : la perfection n’existe pas. Deux : qu’est-ce qui me dit que ce que je vis actuellement n’est pas déjà le meilleur instant de ma journée ? De ma semaine ? De mon mois ? De mon année ?)


Tu ne le sais peut-être pas, mais un jour, tu vas te lever, porter de beaux vêtements, et armé(e) de ton plus beau sourire, tu feras la photo qui servira au programme de tes obsèques ( si cette photo n’a pas déjà été prise). Donc, en attendant, vis.


Le bonheur, chacun peut en donner sa définition.

Mais le construire… c’est un choix quotidien.

Un choix parfois discret, parfois audacieux, parfois incompris.


Et toi, qu’est-ce qui te rend profondément vivant(e) ?


Si personne ne te jugeait,

si personne ne commentait,

si personne ne comparait…

Que choisirais tu ?


Et si le but final n’était pas d’impressionner, ni de rassurer, ni de prouver…

Mais simplement d’être heureux(se) dans ce que tu fais, dans ce que tu es, dans ce que tu oses ?


Peut-être que la vraie intensité, ce n’est pas d’en faire trop.

C’est d’oser aimer pleinement ce qui nous rend véritablement vivants.

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