Ce que la peur m'a appris sur la vie
- 24 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 févr.
La peur comme point de départ
J’ai longtemps eu peur de conduire. Pas parce que je ne m'en sentais pas capable, ni parce que je doutais de mes compétences, mais parce que conduire m’obligeait à accepter une vérité qui m'étais très inconfortable : sur la route, tu peux tout faire correctement, être prudente, concentrée, respectueuse des règles, etc. et malgré tout, quelqu’un d’autre peut venir bouleverser ton trajet. Un accident, une erreur qui n’est pas la tienne, une situation que tu n’as ni provoquée, ni choisie. Cette peur-là n’était pas seulement liée à la conduite. Elle parlait de quelque chose de plus profond : la peur de ne pas tout contrôler.
La peur du contrôle et de l’imprévisible
J’ai toujours eu peur des choses que je ne pouvais pas maîtriser. Tout ce qui dépendait des autres, les choses improvisées ( sauf quand il s'agit de textes), ce qui échappe à la logique, ce qui arrive sans prévenir.
Pendant longtemps, j’ai cru que contrôler, anticiper, réfléchir davantage me protégerait. Comme si la vie fonctionnait avec un mode d’emploi clair : si tu fais bien les choses, il ne t’arrivera rien de grave. J'ai été prudente (ou du moins j'ai essayé), j'ai fait des efforts, mais la réalité est beaucoup plus complexe.
La vie ne garantit rien. Elle n’obéit pas toujours à nos efforts, ni à notre bonne volonté.
Le moment de bascule : comprendre que je ne contrôle pas grand-chose
Il y a quelques mois à cause de mon père je me suis retrouvée dans une situation que je n’avais pas provoquée mais qui a littéralement changé le cours de ma vie.
J’avais beau analyser, revenir sur chaque détail, chercher une erreur de ma part…
Il n’y en avait pas.
Je n’y étais pour rien.
Et surtout, il n’y avait rien que j’aurais pu faire pour empêcher ce qui s'était produit.
Ce jour-là, quelque chose s’est déplacé en moi. J’ai compris que le contrôle était en grande partie une illusion. Une tentative rassurante, mais vaine, de calmer nos peurs. Et cette prise de conscience, aussi inconfortable soit-elle, a changé beaucoup de choses en moi et marqué le début d’un autre rapport à la vie.
Accepter l’incertitude pour mieux vivre
Peut-être que le sens de l’existence n’est pas de tout maîtriser. Peut-être que vivre, c’est apprendre à avancer avec des zones floues. Je suis moi-même surprise alors que j'écris ces mots, moi la championne des "et si?", la reine de l'anticipation. Mais j'ai fini par accepter (j'apprends encore à accepter) que l’incertitude ne signifie pas être inconsciente ou imprudente. Cela signifie prendre des décisions en en sachant qu'il existe des risques (mon professeur de mathématiques au secondaire nous répétait sans cesse "le risque zéro n'existe pas"), faire de son mieux sans forcément chercher à tout maîtriser. C’est comprendre que certaines choses nous dépassent et que malgré cela, la vie mérite d’être vécue, pleinement.
Vivre malgré la peur, et non contre elle
Aujourd’hui, je sais conduire. Je suis attentive, prudente, responsable. Mais je n’oublie plus qu'il existe toujours une part de la vie qui ne dépend pas de moi.
Et pourtant… je vis.
Je fais des choix. Je prends des risques (mesurés). J’avance, même quand tout n’est pas clair. La peur n’a pas disparu. Elle est toujours là, parfois discrète, parfois bruyante.
Mais elle n’est plus aux commandes.
Ce que la peur ne m’empêche plus de faire
J'ai décidé (parce que oui c'est une décision) que la peur ne m’empêchera plus de vivre des expériences nouvelles, de croire en moi (et en ce que je sais que je suis), de prendre la parole, de choisir la vie, même imparfaite.
J’ai compris que le courage n’est pas l’absence de peur.
Le courage, c’est d’agir avec la peur, sans la laisser décider à ma place.
Et toi, que fais-tu de ta peur ?
Oui, j’ai toujours peur. Mais est-ce que cette peur m’empêche de vivre ? Non.
Et si la question n’était pas comment éliminer la peur, mais plutôt : comment vivre pleinement malgré elle ?
Peut-être que ta réponse commence ici. Dans cet espace où tu acceptes de ne pas tout contrôler… et où tu choisis quand même la vie.

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